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Dossier Katebe Katoto en RDC : l'ONG Justicia ASBL dénonce une tentative d'instrumentalisation de la justice contre Moïse Katumbi

katumbi

 

L'ONG JUSTICIA Asbl dénonce une « tentative de manipulation de la justice » contre Moïse Katumbi et saisit la Cour de Cassation. L'ONG de défense des droits de l'homme JUSTICIA Asbl est montée au créneau dans l'affaire opposant Moïse Katumbi à son frère Raphaël Katebe Katoto. Dans une correspondance officielle datée du 14 septembre 2026, dont les copies d'accusé de réception ont fuité ce jeudi, l'organisation basée à Lubumbashi s'adresse directement au Premier Président de la Cour de Cassation pour dénoncer une tentative de manipulation de la justice dans ce dossier.

JUSTICIA Asbl dit avoir été alertée par un rapport d'enquête publié le 3 août 2026, intitulé « Maléfique collaboration entre Raphaël KATEBE KATOTO et le pouvoir de Kinshasa pour livrer à l'instrumentalisation de la justice son jeune frère Moïse KATUMBI CHAPWE en vue d'obtenir la spoliation des biens acquis par ce dernier et d'entacher son casier judiciaire ». « La gravité de cette dénonciation a bien entendu retenu notre attention et, depuis lors, nous suivons de très près ce dossier dont nous attendons les preuves des allégations de Monsieur Raphaël KATEBE KATOTO », écrit Me Timothée Mbuya, Président de JUSTICIA.

Elle affirme que Moïse Katumbi n'aurait pas eu l'occasion de présenter sa version des faits, étant dans l'impossibilité de le faire en raison de l'exil auquel il aurait été contraint à la suite du dossier des prétendus travaux effectués sur la piste de Mulonde.

JUSTICIA révèle également que l'opposant aurait procédé à un changement d'adresse, notifié par son conseil au Parquet Général de Lubumbashi par lettre du 13 juin 2025, avec notification en bonne et due forme auprès de l'autorité compétente de la Ville de Lubumbashi.

« Ne dit-on pas que l'injustice faite à un seul est une menace pour tous ? [...] Comment, avec autant d'irrégularités, peut-on s'imaginer, dans un État qui se dit de droit, obtenir la participation ou la collaboration de la Cour de Cassation pour l'impliquer dans des violations quasi affreuses de la loi et même de la Constitution ? », interroge l'organisation.

Elle met en garde contre un possible « outrage aux Magistrats de la Cour » de la part de ceux qui saisissent la haute juridiction « de cette manière et dans ces conditions ».

Une justice instrumentalisée ?

Alors que le Chef de l'État a lui-même qualifié la justice congolaise de « malade », l'affaire opposant Raphaël Katebe Katoto à Moïse Katumbi illustre une dérive inquiétante : celle d'une justice sous tutelle politique. Plaidoyer pour une justice indépendante, garante de toute démocratie.

En République démocratique du Congo, la justice est malade. Le diagnostic n'est pas nouveau, mais il prend une résonance particulière lorsqu'il est posé par le premier responsable de l'État lui-même. Le Chef de l'État a qualifié la justice congolaise de « malade ». Un aveu. Une reconnaissance. Mais aussi un appel à la responsabilité.

Car la responsabilité des dirigeants, face à ce mal, n'est pas de l'aggraver en cherchant à influencer les tribunaux. Elle est de garantir que la justice puisse exercer, en toute indépendance, la mission que lui confèrent la Constitution et les lois de la République.

L'affaire Katebe Katoto contre Katumbi : un symptôme

L'affaire opposant Raphaël Katebe Katoto à Moïse Katumbi illustre, à cet égard, une dérive préoccupante : celle d'une justice placée sous tutelle politique. Derrière les actes de procédure, une réalité : l'instrumentalisation. Une procédure qui, aux yeux de nombreux observateurs, semble moins viser la manifestation de la vérité que l'écartement d'un adversaire politique.

Il faut en finir avec cette instrumentalisation. La justice congolaise doit redevenir ce qu'elle est censée être : indépendante, impartiale, respectueuse des règles de compétence, des procédures et des droits de la défense. Elle ne peut devenir l'outil de règlements de comptes, ni servir à écarter un adversaire.

Tout le monde convient que l'avenir du Congo passe par des institutions fortes. Mais il passe d'abord par des juges délivrés des injonctions, des pressions et des intérêts politiques. Une justice qui protège le droit, pas les stratégies.

Si le dialogue constitue la base de toute démocratie, une justice indépendante en est la garantie. Sans dialogue, la démocratie s'étouffe. Sans justice indépendante, elle s'effondre.

La RDC n'a pas besoin d'une justice de vainqueurs. Elle a besoin d'une justice de citoyens. C'est à ce prix que la confiance renaîtra. Et que la démocratie, fragile, pourra tenir debout.

Image retirée.

La Rédaction

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