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Kinshasa : le mystère des 490 minibus immobilisés pendant que des Kinois peinent à trouver le transport

sheke et bemba

 


Dans une capitale où les embouteillages font partie du quotidien et où des milliers d’habitants cherchent chaque jour un moyen de se déplacer, une situation interpelle : 490 minibus destinés au transport en commun seraient immobilisés à Kinshasa depuis près de sept ans.

Autrement dit, des véhicules censés transporter des passagers dorment pendant que la ville, elle, continue de suffoquer. Kinshasa fait face à une équation difficile : des routes insuffisantes, des transports en commun peu structurés et souvent inaccessibles pour une grande partie de la population. Dans ce décor, la mobilité urbaine reste l’un des défis majeurs de la capitale congolaise. C’est pour tenter d’y répondre que la ville a annoncé la relance de la Société de transport de Kinshasa (STK).

L’idée n’est pas neuve. La STK avait été créée en 1969, sous Mobutu. Aujourd’hui, le gouverneur Daniel Bumba veut lui donner une seconde vie, avec l’ambition affichée de désengorger la ville et d’offrir une alternative crédible aux Kinois.
Lors de la présentation du projet, il avait évoqué un dispositif de 790 engins roulants : 300 grands bus « Force » et 490 minibus du programme « Esprit de vie ».
Ce sont justement ces 490 minibus qui posent problème.

Des véhicules présents, mais invisibles

Selon plusieurs informations, ces minibus se trouveraient à Kinshasa depuis environ sept ans. Ils auraient été acquis dans le cadre du programme « Esprit de vie », mais n’auraient jamais été mis en circulation. Pourquoi ? La question mérite d’être posée, surtout dans une ville où le besoin de transport est criant. Interrogés, des responsables du ministère provincial des Transports de Kinshasa affirment qu’aucun blocage ne vient de la ville. Les dispositions nécessaires auraient déjà été prises pour permettre aux minibus de rouler.

Le problème se situerait plutôt au niveau du ministère national des Transports, dirigé par le vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba. La ville attendrait un « quitus », autrement dit une autorisation, pour faire circuler les véhicules. En attendant, les Kinois continuent d’attendre.


Transco dans l’équation

Un autre élément vient nourrir les questions. Plusieurs sources indiquent que le ministre des Transports envisagerait de transférer 300 des 490 minibus à Transco, l’autre entreprise publique de transport. Pourquoi changer la destination initiale de ces véhicules ? D’autant que Transco disposerait déjà d’un contrat de montage de bus avec Suprême Automobile. Aucune explication officielle ne permet, à ce stade, de comprendre cette éventuelle réaffectation. Et une question reste en suspens : qui a décidé de cette nouvelle orientation ?

Un timing qui intrigue

Le calendrier aussi attire l’attention. La ville avait annoncé le lancement officiel de la STK autour du 30 juin 2026. C’est précisément à cette période que l’idée d’une affectation d’une partie des minibus à Transco aurait refait surface. Simple coïncidence ou évolution administrative du dossier ? Difficile de le dire sans explications officielles.

Ce qui est certain, c’est que la ville aurait multiplié les démarches pour débloquer la situation. Certaines seraient restées sans réponse, y compris des messages envoyés aux autorités compétentes.

Des bus achetés, des passagers qui patientent

Le contraste est frappant.
D’un côté, des milliers de Kinois font face chaque jour à des attentes interminables, à des tarifs parfois élevés et à des conditions de déplacement éprouvantes.
De l’autre, 490 minibus achetés sur fonds publics seraient immobilisés depuis des années, alors qu’ils pourraient, en principe, alléger une partie de la crise.

La question n’est donc plus seulement de savoir où sont ces bus. Elle est de savoir qui bloque leur mise en circulation, pour quelle raison, et jusqu’à quand. À Kinshasa, les embouteillages continuent. Les Kinois aussi. Mais les 490 minibus, eux, restent à l’arrêt.

La Rédaction

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