Le gouvernement congolais a ordonné la suspension immédiate des activités de la compagnie aérienne TRACEP Congo Aviation, au lendemain du crash d’un de ses avions près de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, qui a fait 17 morts, dont deux des plus hauts magistrats de la justice militaire.
L’accident s’est produit vendredi 25 septembre, vers 14 h 05, peu après le décollage de Kikwit (Kwilu) à destination de Kinshasa. Selon le vice-gouverneur du Kwango, Rémy Saki Bokinda, l’appareil, un Let L‑410 immatriculé 9S‑GUC exploité par TRACEP Congo Aviation, a rencontré un problème technique au-dessus de Kenge et a tenté un atterrissage d’urgence avant de s’écraser dans une parcelle du quartier Manzau, commune de Masikita, où il a pris feu.
Le bilan, d’abord établi à 13 morts, a été revu à la hausse samedi. « Contrairement au bilan initial de 13 décès, nous avons découvert 16 corps d’adultes et le corps d’un bébé, portant le total à 17 victimes », a déclaré Rémy Saki aux journalistes sur place. Aucun survivant n’a été retrouvé.
Parmi les victimes figurent deux des plus hautes autorités de la justice militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) : le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien‑René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC près la Haute Cour militaire.
Ils voyageaient dans le cadre d’une mission officielle, accompagnés d’autres officiers et de membres de leur délégation, selon un communiqué de l’armée. Le crash prive ainsi la justice militaire congolaise de ses deux principaux dirigeants en un seul accident.
En réaction au drame, le vice‑Premier ministre chargé des Transports, Jean‑Pierre Bemba, a annoncé la suspension du certificat de transporteur aérien de TRACEP Congo Aviation. La compagnie est interdite de vol sur l’ensemble du territoire national « jusqu’à la fin des investigations », a-t-il indiqué.
Le Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA) a été chargé de conduire les investigations pour établir les causes exactes de l’accident. Le gouvernement a insisté sur la nécessité d’attendre les conclusions de cette enquête avant de tirer des conclusions définitives sur les circonstances du crash.
Ce crash intervient dans un contexte déjà tendu pour l’aviation civile congolaise. TRACEP Congo Aviation, qui exploite notamment des Let L‑410, avait déjà été impliquée dans un autre accident en juillet 2026, lorsqu’un de ses avions-cargo s’était écrasé dans le territoire de Walikale (Nord‑Kivu), faisant un mort et plusieurs survivants. La compagnie figure par ailleurs sur la liste noire européenne des transporteurs interdits de vol dans l’Union européenne.
À Kenge, les opérations de récupération des corps et d’identification des victimes se sont poursuivies samedi, tandis que plusieurs familles, dont celles des deux généraux, ont été plongées dans le deuil. Le président Félix Tshisekedi a présenté ses condoléances aux proches des victimes et exigé que « toute la lumière soit faite » sur les causes de ce drame.

RTD