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Accord de Washington : Claudel Lubaya dénonce les incohérences de la diplomatie américaine

Lubaya

 

L’opposant Claudel Lubaya critique vivement les divergences de langage observées autour du processus de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Dans une déclaration, il estime que les discours tenus récemment à New York révèlent l’écart entre les proclamations diplomatiques, les engagements officiels et la réalité persistante des violences dans l’est de la RDC.

À l’occasion de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le président américain Donald Trump a présenté le conflit entre Kinshasa et Kigali parmi les guerres auxquelles son administration aurait mis fin. Une affirmation qui contraste, selon Claudel Lubaya, avec le constat dressé quelques heures plus tard par la Première ministre congolaise Judith Suminwa. Celle-ci a rappelé que, malgré l’Accord de Washington et les engagements pris à Doha, la paix restait encore à construire pour des millions de Congolais.

Dans le même contexte, Massad Boulos, conseiller du président américain pour l’Afrique, a livré une lecture différente du processus. Dans un entretien accordé à France 24, il a expliqué que l’Accord de Washington constituait le point de départ d’un processus dont la mise en œuvre prendrait du temps. Il a également reconnu que le processus de paix n’était pas encore achevé.

Pour Claudel Lubaya, ces déclarations successives traduisent une profonde ambiguïté sur la portée exacte de l’accord. « En quelques jours, trois discours et trois perceptions d’une même réalité », relève-t-il, en référence à la position de Donald Trump, au constat de Judith Suminwa et aux explications de Massad Boulos.

L’opposant estime qu’un accord peut certes être signé sans produire immédiatement tous ses effets. Mais il considère que la juxtaposition de ces discours entretient une confusion politique majeure sur ce que Donald Trump entend lorsqu’il affirme avoir « mis fin à la guerre ».

La situation s’est davantage compliquée après la réaction du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe. Sur son compte X, celui-ci a contesté la version américaine qui justifierait les sanctions contre Kigali par la prise d’Uvira et le non-respect de certains engagements. Le responsable rwandais affirme que son pays a respecté ses obligations et accuse plutôt Kinshasa de manquer aux siennes.

Olivier Nduhungirehe est également allé jusqu’à mettre en doute l’impartialité de la médiation américaine. Pour Claudel Lubaya, cette réaction démontre que Washington ne fait pas seulement face à un décalage entre ses déclarations et la réalité du terrain. Les États signataires ne partagent pas non plus la même lecture de l’exécution des accords.

« Washington n’est pas seulement confronté au décalage entre ses proclamations et la réalité du terrain ; sa propre lecture de l’exécution des accords est désormais publiquement récusée par l’un des États signataires », fait observer Claudel Lubaya.

L’opposant revient ensuite sur l’euphorie qui avait accompagné la signature de l’Accord de Washington, le 5 décembre 2025. Au lendemain de la cérémonie, Félix Tshisekedi était rentré à Kinshasa dans une atmosphère triomphale. Installé sur son véhicule, le chef de l’État avait salué une foule mobilisée par l’Union sacrée pour célébrer ce qui était présenté comme une victoire diplomatique majeure.

Selon Claudel Lubaya, les partisans du président avaient alors présenté Félix Tshisekedi comme le grand artisan d’une guerre vaincue par la diplomatie. Ils brandissaient notamment les images du président congolais dans le Bureau ovale comme le symbole d’un succès historique.

Mais cette euphorie aurait, d’après lui, masqué la portée réelle de l’accord et ses conséquences potentielles pour le pays. « Ce qu’ils ignoraient, dans cet aveuglement, c’est que l’avenir du pays était compromis et sa souveraineté minière hypothéquée au profit des intérêts américains », affirme-t-il.

À ce jour, Claudel Lubaya s’interroge sur ce qu’il reste de la victoire proclamée après la signature de l’accord. « Lorsque Kinshasa reconnaît que la paix reste à construire et que Washington lui-même parle d’un processus encore en cours, l’enthousiasme affiché le 5 décembre apparaît, à tout le moins, prématuré », soutient-il.

L’opposant pose alors la question de savoir si cette attitude résultait d’une confiance excessive dans les garanties américaines ou d’une mauvaise appréciation de la portée réelle de l’accord. Dans les deux cas, il estime que le président Félix Tshisekedi a donné aux Congolais l’impression que la paix était déjà acquise.

« Tshisekedi a eu tort de faire miroiter aux Congolais une paix qui n’en était pas une », déclare Claudel Lubaya. Il accuse le chef de l’État d’avoir présenté l’accord comme la preuve que la guerre avait été vaincue par le « stylo », alors que les populations continuent d’attendre la fin effective des violences.

La persistance des hostilités constitue, selon lui, la principale contradiction du récit officiel. Les parties continuent de s’accuser mutuellement de violations du cessez-le-feu, tandis que les mécanismes de surveillance et de vérification tardent à produire les résultats attendus. Le premier déploiement opérationnel du mécanisme de surveillance n’est intervenu qu’en août 2026.

Pour Claudel Lubaya, le succès ou l’échec du processus de Washington ne pourra donc pas être déterminé par les proclamations de Donald Trump ni par les cérémonies politiques organisées après la signature de l’accord. Il devra être évalué à partir de la situation réelle dans les zones de conflit et de l’amélioration concrète des conditions de vie des populations.

« C’est à cette réalité du terrain, et non aux proclamations hâtives de Donald Trump ni à la mise en scène euphorique du retour triomphal de Tshisekedi à Kinshasa le 5 décembre 2025, que se mesurera, en définitive, le succès ou l’échec du processus de Washington », affirme-t-il.

Claudel Lubaya conclut sa déclaration par une formule populaire en lingala : « Lokuta eyaka na ascenseur, vérité emataka na escalier », autrement dit, le mensonge monte par l’ascenseur, tandis que la vérité prend l’escalier.

 

RTD

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