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Crash de Kenge : le BPEA sous pression, des interrogations sur ses précédentes enquêtes

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Le crash aérien survenu le 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, relance les interrogations sur le fonctionnement du Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA), chargé notamment de conduire les investigations techniques sur les accidents aériens en République démocratique du Congo. La suspension de TRACEP Congo Aviation, décidée au lendemain du drame, intervient alors que plusieurs questions sont soulevées sur le suivi des précédents accidents impliquant la compagnie.

Le drame de Kenge a fait 17 morts, dont 13 passagers et quatre membres d’équipage. Parmi les victimes figurent notamment les lieutenants-généraux Joseph Mutombo Katalayi Tiende, Premier président de la Haute Cour militaire, et Lucien René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC. À la suite de l’accident, le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, a ordonné la suspension du Certificat de transporteur aérien (CTA) de TRACEP Congo Aviation jusqu’à la fin des enquêtes menées par le BPEA.

Cette décision intervient après un autre accident impliquant un appareil de la même compagnie à Walikale, le 24 juillet 2026, qui avait fait un mort. Selon Radio Okapi, TRACEP venait ainsi de connaître deux accidents en deux mois avant la suspension de ses activités.

Des questions sur les enquêtes précédentes

Dans un message présenté comme provenant d'une source interne au secteur aérien, plusieurs interrogations sont formulées sur les suites données aux enquêtes concernant des incidents antérieurs impliquant TRACEP. Le document cite notamment une sortie de piste à Wamaza en janvier 2025, une autre à Bunia en juillet 2025 et l’accident mortel de Walikale en juillet 2026.

La source affirme ne pas avoir retrouvé de rapports techniques publics concernant ces différents événements et s’interroge sur les mesures qui auraient été prises par les autorités de l’aviation civile à la suite de ces enquêtes.

Ces éléments doivent toutefois être considérés comme des allégations provenant d’une source non identifiée, et non comme des faits établis. Aucune conclusion officielle du BPEA établissant une faute ou une quelconque corruption de ses responsables n’a été portée à notre connaissance dans les sources consultées.

Le président du BPEA mis en cause

Le message met directement en cause Samy Tshimbalanga Mukomo, présenté comme président du BPEA. Il l’accuse notamment de mauvaise gestion et de monnayage présumé des rapports d’enquête. La source avance également des montants qui auraient été versés aux enquêteurs par des exploitants aériens pour la prise en charge de certaines missions.

Ces accusations, particulièrement graves, nécessitent cependant d’être étayées par des documents ou des éléments de preuve indépendants avant de pouvoir être présentées comme des faits.

Des critiques visant déjà la gestion du BPEA avaient toutefois été rendues publiques en juillet 2025. Des agents et cadres de cette structure avaient alors adressé un mémorandum au ministère des Transports pour dénoncer la gestion de Samy Tshimbalanga Mukomo et réclamer son départ.

Bemba demande des explications à l’AAC et à la RVA

Après le crash de Kenge, Jean-Pierre Bemba a également saisi les responsables de l’Autorité de l’aviation civile (AAC) et de la Régie des voies aériennes (RVA) afin d’obtenir notamment des informations sur l’état technique de l’appareil accidenté et son dernier contrôle de navigabilité, ainsi que sur les circonstances du crash.

La question de la responsabilité des différents acteurs du secteur aérien reste donc ouverte. Les investigations doivent désormais permettre d’établir les circonstances et les causes exactes de l'accident de Kenge.

Au-delà du cas de TRACEP, le drame remet ainsi au centre du débat la question de l’efficacité du dispositif congolais d’enquête sur les accidents aériens, de la publication des rapports techniques et du suivi des recommandations formulées à l’issue des investigations.

Pour l’heure, aucune source officielle consultée ne permet d’établir qui aurait éventuellement protégé le président du BPEA ou de confirmer les accusations de corruption formulées par la source interne. Cette question devra être éclaircie par des éléments documentés et, le cas échéant, par les investigations compétentes.

 

RTD

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