La salle du conseil de l’hôtel de ville de Bruxelles a accueilli, ce vendredi 2 octobre 2026, un panel de haut niveau consacré aux trois décennies de conflits et d’impunité qui ravagent l’est de la République démocratique du Congo. Organisé par l’hôtel de ville de Bruxelles, l’événement a réuni un public nombreux, venu écouter le prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege.
Il fallait s’y prendre un mois à l’avance. Pour participer à ce panel, les intéressés devaient impérativement réserver via le site officiel de l’hôtel de ville de Bruxelles, organisateur de l’événement. Une exigence qui témoigne de l’engouement suscité par la présence de l’une des figures les plus respectées et les plus crédibles de la scène congolaise et internationale.
Un constat sans concession sur trente ans de souffrances
Devant une assistance attentive et recueillie, le Dr Denis Mukwege a dressé un historique implacable de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC. Il a détaillé, avec la précision et la gravité qu’on lui connaît, les pires conséquences subies par ses compatriotes, majoritairement issus des populations de l’est du pays, victimes de violences systémiques depuis trois décennies.
Le gynécologue de renommée mondiale, dont l’engagement aux côtés des femmes victimes de violences sexuelles a été couronné par le prix Nobel de la paix en 2018, n’a pas mâché ses mots à l’endroit des alliés occidentaux du Rwanda et de la RDC. Il a lancé un appel pressant : ces partenaires internationaux ne peuvent plus continuer d’ignorer ce qui se passe dans cette région meurtrie.
« Ils doivent non seulement condamner, mais surtout agir par des actes concrets contre les commanditaires et les auteurs, internes et externes, de ce qui se passe à l’est de la République démocratique du Congo depuis 30 ans », a-t-il martelé, sous les applaudissements d’une salle comble.
Un avertissement clair contre la modification de la Constitution
À la fin de son intervention, le Dr Mukwege a abordé un autre sujet brûlant : l’aventure politique opportuniste visant à modifier la Constitution pour permettre un maintien au pouvoir à vie. Là encore, sa position a été sans équivoque.
Tout Congolais, a-t-il affirmé, doit s’opposer à une telle entreprise. Et les partenaires de la RDC, a-t-il ajouté, ne doivent en aucun cas cautionner cette dérive, car « les alliés ont le devoir de se dire la vérité en face, les yeux dans les yeux ».
Bruxelles, première étape d’une tournée européenne
Ce panel bruxellois ne constitue qu’un point de départ : Bruxelles n’est que la première étape d’une tournée des villes européennes consacrée à ce thème des « 30 ans de guerre, 30 ans d’impunité » en RDC.
Le deuxième rendez-vous est d’ores et déjà annoncé : il se tiendra à Strasbourg, en France, au siège du Parlement européen. Une nouvelle occasion pour le Dr Mukwege de porter la voix des victimes congolaises au cœur des institutions européennes.
Une parole rare et nécessaire
À l’issue de la rencontre, les participants ont pu échanger et immortaliser ce moment aux côtés d’une personnalité dont la crédibilité et la vision forcent le respect, tant en RDC que sur la scène internationale. Les images du panel, diffusées après l’événement, témoignent de la ferveur et de l’importance accordée à cette prise de parole.
Alors que l’est de la RDC continue de payer un lourd tribut à des décennies de conflits et d’impunité, la voix du Dr Denis Mukwege résonne plus que jamais comme un appel à la responsabilité collective — celle des Congolais, comme celle de leurs partenaires internationaux.
La Rédaction