Catégorie

Devenu rebelle, Kabila perd des compagnons : Nkanga, Mushobekwa et Idia Omari prennent leurs distances

Pprd

 

La création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), nouveau mouvement politico-militaire annoncé le lundi 12 octobre à Goma, ne fait pas seulement évoluer le paysage de la rébellion dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elle provoque également des prises de distance au sein même de la famille politique de Joseph Kabila à Kinshasa.

L’ancien président de la République a été désigné à l’unanimité président du FRN, une structure qui entend succéder à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et qui revendique une lutte contre le pouvoir de Kinshasa « par tous les moyens, y compris la force ». Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa sont annoncés comme vice-présidents, tandis que Sultani Makenga doit assurer le commandement militaire.

Mais au lendemain de cette annonce, les premières réactions enregistrées à Kinshasa montrent que le choix de Joseph Kabila de prendre officiellement la tête d’une organisation politico-militaire ne fait pas l’unanimité jusque dans ses propres rangs.

Au PPRD, plusieurs cadres ont annoncé leur désolidarisation. Idia Omari a notamment déclaré prendre ses distances avec les orientations actuelles de l’ancien président, affirmant que son engagement demeurait pacifique et attaché à la Constitution et aux valeurs démocratiques. Aristote Ngarime a également indiqué ne pas vouloir engager sa responsabilité politique dans les initiatives liées au nouveau mouvement politico-militaire.

Autre départ notable : Patrick Nkanga Bekonda, rapporteur du bureau politique du PPRD, a annoncé sa démission du parti après près de deux décennies d’engagement. Dans son communiqué, il évoque une décision « lourde et pénible » et dit vouloir prendre un temps de réflexion avant de définir sa nouvelle orientation politique. Il ne cite toutefois pas directement Joseph Kabila ni le FRN comme motif de son départ.

Dans l’entourage plus large du Front commun pour le Congo (FCC), des prises de distance sont également observées. Marie-Ange Mushobekwa, qui s’était encore exprimée récemment sur la nécessité d’un dialogue incluant l’AFC/M23, a elle aussi annoncé son éloignement de Joseph Kabila, dans un contexte désormais marqué par la transformation de l’ancien dispositif politico-militaire en un nouveau front dirigé par l’ex-président.

Ces départs interviennent au moment où Joseph Kabila opère un changement majeur dans son positionnement politique. Après plusieurs mois de rapprochement avec les responsables de l’AFC/M23, l’ancien chef de l’État apparaît désormais officiellement à la tête d’une structure qui revendique également le recours à la force pour parvenir à ses objectifs.

À Kinshasa, le constat est donc celui d’une recomposition autour de Joseph Kabila : alors qu’il prend la tête d’une nouvelle rébellion dans l’Est, certains de ses anciens compagnons politiques commencent, eux, à prendre leurs distances.

RTD

Étiquettes: