Catégorie

Kinshasa : Daniel Bumba révoque Fils Mukoko de la RASKIN après des propos controversés

Mukoko

 

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a révoqué ce mercredi 21 octobre 2026 Benoît Mukoko Mudipanu Le Fils, connu sous le nom de Fils Mukoko, de ses fonctions de directeur général adjoint chargé des questions techniques de la Régie d’Assainissement de Kinshasa (RASKIN). La décision est contenue dans un arrêté provincial du gouverneur.

Selon le texte, Daniel Bumba s’appuie sur le Code de conduite de l’agent public de l’État. Il rappelle que l’exercice d’une fonction publique impose des obligations de « dignité, de discrétion, de responsabilité et de respect des institutions ». L’arrêté souligne également que les communications publiques d’un agent peuvent influencer la confiance des citoyens envers l’administration.

Cette révocation intervient le même jour que la suspension, par le ministre provincial de l’Environnement, de la Propreté publique, de l’Embellissement de la ville et de l’Aménagement de Kinshasa, Léon Mulumba Muana Nshiya, du directeur général intérimaire de la RASKIN, Fils Mukoko. Il lui était reproché des propos jugés « à la limite xénophobes » sur les réseaux sociaux. Le ministre invoquait notamment l’article 19 du Code de bonne conduite de l’agent public de l’État, qui interdit les menaces, les injures et les intimidations. Selon le document, la mesure visait à garantir « la sérénité de l’enquête » ordonnée le même jour par le ministre d’État à la Justice dans son communiqué n° 0037, qui évoquait un « manquement grave aux obligations professionnelles ».

Ces décisions font suite à une vidéo controversée dans laquelle Fils Mukoko s’en prenait aux ressortissants de pays occidentaux présents à Kinshasa, les accusant de diaboliser le pouvoir en place et leur promettant un « enfer » sans échappatoire dans la capitale. Le gouvernement de la République démocratique du Congo a condamné ces propos avec la plus grande fermeté. Sur son compte X, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a qualifié cette sortie d’« horreur absolue », tout en précisant qu’elle « n’engage nullement le gouvernement ni aucune autre institution ». L’exécutif avait également saisi l’Hôtel de ville de Kinshasa, dont dépend Fils Mukoko, afin que l’institution « tire les conséquences de ces propos irresponsables ».

Auparavant, le Bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) avait imposé à Fils Mukoko un embargo médiatique de quatre-vingts jours. Il lui reprochait d’avoir tenu des propos qui « constituent une violation manifeste des lois en vigueur » et qui s’écartent des « valeurs fondamentales » défendues par la République démocratique du Congo. Le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, est chargé de l’exécution de l’arrêté de révocation.

La Rédaction

Étiquettes: