Alexis Thambwe-Mwamba, ancien président du Sénat de la RDC et figure politique de premier plan, a été libéré, a-t-on appris vendredi, mettant fin à une détention de courte durée qui avait suscité de vives inquiétudes au sein de la classe politique congolaise.
Sa libération intervient moins de vingt-quatre heures après son arrestation à son domicile de Kinshasa, dans la matinée du vendredi 23 octobre 2026. Selon plusieurs sources concordantes, l'octogénaire avait été interpellé par un dispositif sécuritaire imposant, comprenant plusieurs dizaines de militaires et agents des services de renseignement, qui avait encerclé sa résidence située dans le quartier huppé de Ngaliema . Une perquisition aurait également été menée par des agents du Conseil national de cyberdéfense .
Les circonstances exactes de cette libération n'ont pas encore été officiellement détaillées par les autorités congolaises, qui n'avaient d'ailleurs communiqué ni mandat ni chef d'accusation au moment de l'arrestation . L'entourage de l'ancien président du Sénat avait immédiatement dénoncé un acte arbitraire, réclamant la notification des motifs de son interpellation et l'accès à ses avocats .
Cette arrestation avait provoqué une onde de choc dans les cercles judiciaires et politiques de Kinshasa. Le sénateur Salomon Kalonda Idi, proche de Moïse Katumbi, avait qualifié l'interpellation de « provocation abjecte », soulignant l'âge avancé de Thambwe-Mwamba et son statut de « figure majeure de la vie politique en RDC » . L'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) avait également condamné l'arrestation, appelant au respect des procédures et des droits de la défense .
Le dossier Thambwe-Mwamba reste néanmoins emblématique des tensions persistantes entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et les réseaux de l'ancien régime de Joseph Kabila. Ancien ministre de la Justice sous Kabila et président du Sénat de 2019 à 2021, il avait été contraint à la démission lors du basculement politique vers l'Union sacrée . Il restait sous la menace de poursuites liées à des contentieux financiers relatifs à la gestion du Sénat, dossier qui n'avait jamais été totalement clos .
Sa libération rapide, sans qu'aucune charge n'ait été publiquement formulée, laisse toutefois planer des interrogations sur les motivations réelles de cette interpellation. Pour ses partisans, elle constituait une manœuvre d'intimidation politique ; pour les autorités, aucun motif officiel n'a encore été avancé pour justifier cette détention éclair.
La Rédaction