Le ministre d'État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a alerté jeudi sur la situation critique des prisons congolaises, où 52 095 détenus sont recensés. Il annonce une restriction de l'accueil des prévenus et un renforcement de la réinsertion.
« Le gouvernement est confronté à l'urgence pénitentiaire. » C'est par cette mise en garde que Guillaume Ngefa, ministre d'État en charge de la Justice, a ouvert son propos, jeudi 22 octobre, lors d'un briefing de presse tenu aux côtés de Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias. Le constat est sévère : « La majorité de nos prisons étaient construites avant l'indépendance », a rappelé le ministre, soulignant l'inadaptation d'un parc carcéral hérité d'une autre époque.
Les chiffres confirment l'ampleur du problème. À ce jour, 52 095 détenus sont recensés dans les établissements pénitentiaires du pays, alors que seuls 5 683 ont été condamnés. Parmi eux figurent 1 476 femmes, dont 177 enceintes.
Une situation sanitaire préoccupante
Sur le plan sanitaire, la situation n'est pas moins alarmante. Des détenus sont touchés par plusieurs maladies, notamment la Mpox, la tuberculose, le VIH, le choléra, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ainsi que des troubles de santé mentale. Un tableau qui illustre la promiscuité et le manque de moyens auxquels font face les prisons congolaises.
Face à cette situation, le gouvernement envisage des mesures de désengorgement des établissements pénitentiaires. Le ministre annonce notamment une restriction de l'accueil des prévenus dans les prisons. « Nous allons étudier les cas par cas, de même pour la prison de Makala », a-t-il souligné.
Des cas « bénins » derrière les barreaux
Guillaume Ngefa déplore en particulier la présence de détenus incarcérés pour des motifs mineurs. « Il y a des personnes qui sont en prison pour des cas bénins », a-t-il regretté, estimant que certains d'entre eux pourraient comparaître en étant libres. Par ailleurs, le gouvernement entend renforcer la réinsertion professionnelle des détenus, en collaboration avec le Service national.
À travers ces annonces, l'exécutif entend apporter une réponse à une crise pénitentiaire ancienne, exacerbée par des infrastructures vétustes et une surpopulation carcérale persistante.
La Rédaction