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RDC : avant de prendre la tête du FRN, Joseph Kabila aurait envoyé un émissaire à Kinshasa pour discuter de sa condamnation à mort

Lundi 2 novembre 2026 2 min de lecture
Jkk

 

Alors que Joseph Kabila s'apprêtait à prendre officiellement, en octobre, la direction du Front pour la refondation de la nation (FRN), Africa Intelligence révèle que l'ancien président congolais avait discrètement dépêché un émissaire auprès du gouvernement de Félix Tshisekedi. Au cœur des discussions à Kinshasa : le sort de la condamnation à mort prononcée contre lui en septembre 2025 par la justice militaire.

Cette démarche parallèle, intervenue en amont de l'annonce de sa nouvelle fonction à la tête d'une coalition politico-militaire, témoigne de la complexité d'une situation où le rapport de force militaire se double d'une recherche de solution négociée.

Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace le 30 septembre 2025 par la Haute Cour militaire de Kinshasa pour « trahison », « participation à un mouvement insurrectionnel » et « crimes de guerre », des chefs d'accusation liés à sa collusion présumée avec le groupe armé AFC/M23. Cette condamnation, qualifiée de « comédie » par son entourage, s'accompagne d'une peine de plus de 30 milliards de dollars de dommages et intérêts et rend son retour légal au pays extrêmement périlleux.

L'émissaire dépêché à Kinshasa aurait donc eu pour mission de sonder les marges de manœuvre du pouvoir en place concernant une éventuelle grâce, un aménagement de la peine ou une issue judiciaire qui permettrait à l'ancien chef de l'État de sortir de l'impasse juridique dans laquelle il se trouve.

Cette démarche diplomatique intervient juste avant un tournant majeur. Le 12 octobre 2026, à Goma, Joseph Kabila a été officiellement investi à la tête du FRN, une nouvelle structure politico-militaire qui absorbe l'Alliance fleuve Congo (AFC) et le M23. Cette organisation, qui revendique le recours à la force pour mettre fin à ce qu'elle qualifie de « tyrannie » à Kinshasa, place l'ancien président au sommet d'une coalition dont les principaux cadres restent Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et le général Sultani Makenga.

En prenant la tête de cette organisation, Joseph Kabila a officialisé ce que Kinshasa dénonçait depuis des mois : son rôle central dans la rébellion. Le gouvernement congolais, par la voix du ministre de la Communication Patrick Muyaya, avait vivement réagi, accusant l'ancien président d'avoir choisi la voie des armes pour « attaquer l'ordre constitutionnel ».

La Rédaction