RDC : après sa dissolution, le PPRD dénonce une « dérive autoritaire » et accuse le pouvoir de réduire l’espace démocratique
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) conteste fermement la décision du Conseil d’État prononçant sa dissolution. Dans une déclaration rendue publique après le verdict du 30 octobre 2026, les membres du bureau politique du parti de Joseph Kabila qualifient cette décision de « jour sombre pour le pluralisme politique et la démocratie » en République démocratique du Congo.
Le PPRD estime que sa dissolution s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions visant l’opposition congolaise. Le parti rappelle notamment les deux suspensions de ses activités intervenues en avril et octobre 2025, ainsi que les arrestations et poursuites judiciaires visant plusieurs acteurs politiques.
Le PPRD conteste la compétence du Conseil d’État
Sur le plan juridique, la formation politique de Joseph Kabila affirme que la décision du Conseil d’État soulève une question de compétence juridictionnelle.
Le PPRD s’appuie notamment sur l’article 31 de la loi n°04/002 du 15 mars 2004 ainsi que sur la loi organique du 15 octobre 2016 relative aux juridictions administratives. Selon les dirigeants du parti, ces textes ne conféreraient pas au Conseil d’État le pouvoir de prononcer la dissolution d’un parti politique.
La formation politique considère ainsi que la décision rendue le 30 octobre constitue une atteinte aux garanties constitutionnelles liées au pluralisme politique et aux droits de l’opposition.
Le parti de Kabila redoute une nouvelle remise en cause de la Constitution
Au-delà de sa propre dissolution, le PPRD élargit sa critique à la situation politique générale du pays. Il accuse le pouvoir de multiplier les décisions et initiatives qui, selon lui, fragiliseraient progressivement les institutions démocratiques.
Le parti évoque notamment la remise en cause potentielle des dispositions constitutionnelles relatives au mandat présidentiel, en particulier les articles 70 et 220. Il y voit le risque d’une modification des règles susceptibles, selon son analyse, d’ouvrir la voie à une prolongation du pouvoir présidentiel.
Le PPRD établit également un parallèle avec plusieurs événements politiques survenus depuis 2019, notamment la recomposition de la majorité parlementaire, les controverses entourant les élections de 2023 et les changements intervenus au sein de certaines institutions.
« Aujourd’hui, c’est le PPRD. Demain, à qui le tour ? »
Dans sa déclaration, le parti de Joseph Kabila interpelle directement l’opinion publique sur les conséquences de la dissolution de formations politiques.
« Aujourd’hui, c’est le PPRD. Demain, à qui le tour ? », s’interrogent ses membres, estimant que la dissolution du parti, combinée à la suspension d’autres formations politiques, pourrait contribuer à réduire davantage l’espace réservé à l’opposition.
Le PPRD dénonce ce qu’il présente comme un retour progressif à un système dans lequel les institutions de l’État seraient utilisées à des fins politiques.
Le PPRD revendique son héritage politique
Malgré sa dissolution administrative, le parti affirme que cette décision ne saurait effacer son rôle dans l’histoire politique récente de la RDC.
Le PPRD rappelle sa participation au Dialogue intercongolais de Sun City, au processus de réunification nationale ainsi qu’à l’élaboration et à la mise en œuvre de la Constitution du 18 février 2006.
Le parti revendique également sa contribution à la reconstruction institutionnelle et économique du pays, notamment à travers plusieurs réformes législatives dans les secteurs minier, forestier, des assurances, des télécommunications, de l’énergie et des investissements.
Il souligne enfin avoir participé à trois cycles électoraux, en 2006, 2011 et 2018, et revendique un rôle dans l’alternance politique de 2019.
Pour le PPRD, sa dissolution ne signifie donc pas la disparition de son identité politique, de ses convictions ni de son implantation militante. Le parti assure vouloir continuer à défendre son héritage et les aspirations de ses membres et sympathisants.
RTD