CIRGL : Judith Suminwa défend une approche intégrée pour les femmes et enfants affectés par la guerre
La Première Ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a plaidé mardi pour une réponse « cohérente et concertée » aux souffrances des femmes et des jeunes filles victimes des conflits armés dans les Grands Lacs, lors de la première Conférence des femmes parlementaires de la CIRGL à Dar es Salaam, en Tanzanie.
Invitée spéciale au panel consacré au « Leadership parlementaire des femmes au service de la paix, de la sécurité et du développement », la Cheffe du Gouvernement a rappelé que l'Est de la RDC subit une guerre depuis trois décennies. « Vous avez parlé d'instabilité politique à l'Est, moi je vais vous parler d'une guerre à l'Est de la République démocratique du Congo. Ça fait 30 ans, nous avons particulièrement des femmes, des jeunes filles qui subissent les conséquences de cette guerre », a-t-elle déclaré.
Évoquant Goma et Bukavu, Judith Suminwa a insisté sur la responsabilité de l'État de garantir la continuité des services essentiels, notamment l'éducation, y compris dans les zones sous occupation. Le Gouvernement prend en charge les frais d'organisation des examens d'État pour les élèves des établissements publics, afin de permettre aux jeunes de poursuivre leur scolarité malgré l'insécurité.

Sur le volet économique, la Première Ministre a présenté les programmes d'autonomisation des femmes et de soutien à l'entrepreneuriat féminin, destinés à leur offrir « des options économiques qui vont leur permettre de se prendre en charge ». Elle a également cité le Fonds national d'appui aux survivantes des violences liées aux conflits, qui assure un accompagnement psychologique, social et économique, avec l'appui des Nations Unies pour atteindre les zones difficiles d'accès.
Judith Suminwa a enfin rappelé le Programme de développement local des 145 territoires, qui renforce la présence de l'État par la construction d'écoles, de centres de santé et de bâtiments administratifs. Ce programme est complété par la gratuité des accouchements, qui contribue à réduire la mortalité maternelle.
La Cheffe du Gouvernement a ainsi défendu une approche associant protection des femmes, autonomisation économique, accès à l'éducation et renforcement de la présence de l'État, plaçant la participation des femmes au cœur des réponses aux défis de paix, de sécurité et de développement dans la région.
La Rédaction