Justice

RDC : depuis la prison de Makala, Fils Mukoko justifie ses propos polémiques et interpelle Tshisekedi sur sa détention

Mercredi 4 novembre 2026 2 min de lecture
Fils mukoko

 

Dans une lettre ouverte adressée au Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi, le détenu Fils Mukoko Mudipanu dénonce les conditions inhumaines de la prison centrale de Makala et s'inquiète pour sa sécurité. Il affirme avoir été incarcéré en raison de son engagement patriotique pour la défense de l'Est du pays.

Datée du 4 novembre 2026 et rédigée depuis le centre pénitentiaire de Kinshasa (CPRK), la missive se veut un cri d'alarme. Arrêté le 22 octobre par le Parquet et transféré à Makala le 24 du même mois, l'auteur s'adresse au Président pour dénoncer ce qu'il estime être une injustice et alerter sur la crise carcérale.

À l'origine de son arrestation, des déclarations politiques qui ont fait polémique, notamment celle où il affirmait : « Nous allons distribuer les armes dans les églises, les écoles, les universités... ». Il a également menacé des Occidentaux présents à Kinshasa.  L'auteur assume ses propos, qu'il présente non pas comme un appel à la violence, mais comme l'expression de sa « fibre patriotique » face à l'agression dans l'Est de la RDC.

Il justifie également ses critiques envers l'Occident par un « silence incompréhensible » face à la tragédie humanitaire, dans un contexte marqué par le retour politique de Joseph Kabila. Rejetant toute accusation de xénophobie, il interpelle le Chef de l'État : « Peut-on condamner l'engagement patriotique sans entendre les préoccupations qui le motivent ? ».

Au-delà de son cas personnel, la lettre dresse un constat alarmant. Conçu pour 1 500 détenus, Makala en abriterait aujourd'hui plus de 20 000. Cette surpopulation extrême entraîne des conditions sanitaires désastreuses. Mukoko cite des « décès quotidiens » et des épidémies de tuberculose, de choléra et d'infections liées au manque d'hygiène. Plus de 5 000 détenus seraient en situation de détresse. « La prison ne doit jamais devenir un lieu où l'on perd non seulement sa liberté, mais également son droit à la dignité et à la vie », martèle-t-il.

Enfin, l'incarcéré dit redouter pour sa vie au sein de l'établissement. Il craint des risques d'empoisonnement ou d'atteinte physique de la part de personnes animées par des considérations politiques liées au passé du pays. Sans réclamer de privilèges, il demande des mesures de protection particulières et plaide pour une mise en liberté provisoire afin de préparer sa défense « en homme libre », tout en restant à la disposition de la justice.

À travers cette lettre, Fils Mukoko place le Chef de l'État face à ses responsabilités, tant sur le respect des libertés fondamentales que sur la nécessité d'une réforme du système pénitentiaire congolais.

La Rédaction