RDC : le FRN de Joseph Kabila alerte la médiation qatarie sur les risques d’un changement de Constitution
Le Front pour la Refondation de la Nation (FRN), plateforme politique associée à l’ancien président Joseph Kabila, a saisi officiellement la médiation du Qatar pour exprimer ses inquiétudes face aux déclarations de Félix Tshisekedi sur la Constitution congolaise. Dans une correspondance datée du 1er novembre 2026 à Goma, le mouvement met en garde contre les conséquences d’une éventuelle révision ou d’un remplacement de la loi fondamentale sur les négociations de paix en cours à Doha.
Signée par Bertrand Bisimwa, vice-président du FRN, la lettre revient notamment sur deux récentes prises de position du chef de l’État congolais. Le 24 octobre, devant les députés et sénateurs réunis à Kinshasa, Félix Tshisekedi avait déclaré : « Je n'aime pas cette constitution et vous le savez tous ». Quelques jours plus tard, le 30 octobre, lors d'une rencontre avec la diaspora congolaise à Moscou, il avait affirmé : « voilà pourquoi je suis en train de combattre cette constitution ».
Pour le FRN, ces déclarations soulèvent des interrogations quant au respect des engagements pris dans le cadre du processus de paix. La plateforme rappelle que la Déclaration de principes du 19 juillet 2025 ainsi que l'Accord-cadre du 15 novembre 2025 font explicitement référence à la Constitution actuellement en vigueur en République démocratique du Congo.
Le mouvement estime qu'une initiative visant à remplacer cette loi fondamentale alors que les discussions se poursuivent pourrait compromettre les engagements déjà convenus et provoquer l'effondrement du processus de Doha.
Face à cette situation, le FRN sollicite l'intervention de la médiation qatarie auprès de Kinshasa afin d'obtenir une « clarification officielle » sur les intentions du pouvoir congolais. Il demande également que cette question soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine consultation entre les parties.
Dans sa correspondance, la plateforme va plus loin en avertissant que toute poursuite d'une telle démarche par les autorités congolaises entraînerait une mobilisation de sa part. Elle affirme être prête à utiliser « tous les moyens nécessaires pour y faire échec ».
La lettre a notamment été transmise en copie au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, au secrétaire d'État américain Marco Rubio ainsi qu'à Massad Boulos, conseiller du président américain pour les affaires africaines.
RTD