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Incidents entre marins des deux rives du fleuve : à Brazzaville, Tshisekedi exprime ses « profonds regrets » et promet de réparer

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Reçu samedi 3 octobre 2026 à Brazzaville par le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, Félix Tshisekedi, président de la RDC, a reconnu la responsabilité de son pays dans les incidents frontaliers qui ont endeuillé la rive droite du fleuve Congo. Il promet une indemnisation des victimes et l’arrêt définitif des dérapages.

C’est une démarche rare que Félix Tshisekedi a entreprise ce week-end à Brazzaville. Face à son homologue de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, le chef de l’État de la RDC a d’abord tenu à s’adresser au peuple de l’autre rive, qu’il présente comme le plus touché par les récents affrontements : « J’exprime mes profonds regrets à la population de la République du Congo, la plus touchée par ces incidents. »

Le président de la RDC dit être venu « surtout » pour éteindre les braises. Rappelant que les deux pays ne forment qu’« un même peuple », il a qualifié d’« insensé » le recours à la violence entre deux voisins que tout unit — l’histoire, la géographie et la langue. Un plaidoyer d’autant plus appuyé qu’il intervenait dans la perspective de l’ouverture annoncée des frontières de la République du Congo aux ressortissants des pays africains, prévue l’an prochain.

Pour traduire ces paroles en actes, Félix Tshisekedi n’est pas venu les mains vides : ses vice-Premiers ministres en charge de l’Intérieur et de la Défense l’accompagnaient, avec mission de s’asseoir avec leurs homologues de la République du Congo pour mettre un terme « définitif » aux incidents frontaliers. Le président de la RDC a aussi dénoncé des « réflexes barbares » hérités d’un autre temps, incompatibles selon lui avec la dynamique d’intégration régionale.

Un drame survenu à Makoloko

Ces déclarations interviennent après un épisode particulièrement meurtrier. Le 26 août 2026, dans la zone de l’île Makoloko, à environ quarante kilomètres en amont de Makotimpoko, une patrouille mixte de gendarmes et de marins du poste de Makotimpoko est tombée sur des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) qui circulaient à bord de quatre embarcations, avec un effectif estimé à une trentaine d’hommes.

Les circonstances exactes de la confrontation demeurent floues. Selon un compte rendu consulté par notre rédaction, un membre de la patrouille de la République du Congo aurait ouvert le feu, tuant un adolescent de 15 ans. L’incident a provoqué un mouvement de panique parmi les riverains du fleuve, avant que les forces stationnées à Yumbi ne soient alertées.

Le bilan humain ne s’arrête pas là : deux membres de la patrouille de Brazzaville — un gendarme et un marin — auraient été capturés puis conduits vers Yumbi, tandis que trois autres militaires — deux gendarmes et un marin — sont toujours portés disparus à ce jour. Les deux hommes capturés ont été remis aux autorités de Brazzaville par le vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale, Guy Kabombo.

Fort de ces éléments, Félix Tshisekedi a annoncé qu’il rencontrerait les victimes dès que les deux délégations auraient remis leur rapport, afin de fixer les modalités de leur indemnisation par Kinshasa. « Parce que c’est de notre devoir de le faire », a-t-il martelé, assumant pour la première fois de manière aussi explicite la responsabilité de son pays.

La Rédaction

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