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RDC : la C64 fait état de 240 arrestations, 64 blessés, 1 mort et plusieurs disparitions dans son rapport sur la marche du 15 septembre

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Kinshasa, 6 octobre 2026 — La Coalition Article 64 (C64) a rendu public un rapport de 22 pages consacré aux violences et atteintes présumées aux droits humains enregistrées lors de la marche organisée le 15 septembre 2026 à Kinshasa et dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo.

Daté du 5 octobre 2026, le document s’appuie sur des témoignages de victimes, des déclarations recueillies par la coalition, les informations transmises par ses structures provinciales ainsi que différentes pièces documentaires.

Selon la C64, la mobilisation visait notamment à dénoncer un éventuel changement de la Constitution, le projet de loi référendaire alors en examen à l’Assemblée nationale et les risques de balkanisation du pays.

240 arrestations, 64 blessés et un décès

Dans son rapport, la C64 présente un bilan provisoire établi à partir des données recueillies auprès de ses différentes formations membres.

En additionnant les chiffres ventilés dans le document, la coalition fait état de 240 arrestations, 64 blessés, un décès et plusieurs cas de disparition ou de séquestration présumée.

Le bilan détaillé présenté par la C64 se répartit notamment comme suit :

- Alliance pour le Changement : 24 arrestations et 5 blessés à Kinshasa ;
- ECiDé : 27 blessés et 7 personnes signalées comme enlevées ou conduites vers une destination inconnue ;
- ADD Congo : 1 mort, Manassé Lomboto Bomengola, et 3 blessés graves ;
- Envol : 18 cas documentés, 5 blessés graves à la machette, 15 arrestations et 2 cadres en clandestinité ;
- Ensemble pour la République : 110 arrestations, 23 blessés et 1 disparu ;
- LGD : 44 victimes directes documentées, dont 3 blessés, 11 arrestations ou interpellations et 30 personnes qui auraient été séquestrées pendant 24 heures ;
- MPD : 14 cas de passages à tabac, arrestations, tortures ou confiscations présumées ;
- Conscience nationale : 1 blessé à la machette et 2 interpellations à Kikwit ;
- MND : 4 blessés, dont trois femmes.

La C64 précise que ce bilan reste provisoire. Les catégories recensées par les différentes formations peuvent également se recouper et ne permettent donc pas nécessairement d’établir un total national indépendant.

Des violences dénoncées à Kinshasa

Le rapport affirme que plusieurs manifestants et responsables de l’opposition ont été victimes de violences à Kinshasa.

La C64 accuse notamment des personnes qu’elle présente comme appartenant à la « Force du Progrès », structure qu’elle lie à l’UDPS, d’avoir utilisé des machettes, des pierres, des barres de fer, des bâtons et des cocktails Molotov contre des participants.

La coalition met également en cause certains éléments des forces de défense et de sécurité. Selon les témoignages recueillis, des policiers et militaires auraient utilisé des gaz lacrymogènes et auraient tiré en direction de manifestants.

Ces accusations figurant dans le rapport restent à établir par des investigations indépendantes.

Martin Fayulu et plusieurs cadres de l’opposition cités

Le document rapporte une tentative d’agression visant Martin Fayulu. D’après la version présentée par la C64, un individu armé d’une machette aurait tenté de s’en prendre à l’opposant avant d’être empêché par ses gardes du corps.

L’un de ces derniers, Yannick Uzana, aurait été blessé au dos et aurait reçu 24 points de suture.

Plusieurs autres victimes présumées sont citées, dont Colette Botela, cadre d’Envol, Maître Diyoko d’ADD Congo ainsi que des militants de plusieurs formations membres de la C64.

La mort de Manassé Lomboto au cœur du rapport

Le rapport consacre une partie importante au décès de Manassé Lomboto Bomengola, cadre d’ADD Congo.

Selon la C64, celui-ci aurait été violemment agressé alors qu’il tentait de protéger d’autres responsables de l’opposition pris à partie pendant la manifestation.

Le document retrace ensuite son parcours médical et affirme que Manassé Lomboto Bomengola est décédé dans la soirée du 15 septembre.

La coalition qualifie ce décès d’« assassinat politique » et demande qu’une enquête établisse les circonstances exactes de sa mort ainsi que les éventuelles responsabilités.

Cette qualification demeure une position de la C64 et ne constitue pas, à ce stade, une conclusion judiciaire indépendante.

Des incidents signalés dans plusieurs provinces

Le rapport ne se limite pas à Kinshasa. La C64 fait également état d’interdictions de manifestations, d’arrestations, de détentions, de violences et de séquestrations présumées dans plusieurs villes du pays.

La coalition cite notamment Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, Kamina, Kananga, Kindu, Kalemie, Matadi, Kikwit, Kisangani, Uvira et Mwene-Ditu parmi les localités concernées par les incidents rapportés.

La C64 réclame une enquête indépendante

Au terme de son rapport, la coalition demande l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante, diligente et approfondie afin d’identifier les auteurs matériels des violences, leurs éventuels instigateurs ainsi que les responsabilités hiérarchiques qui pourraient être établies.

Elle réclame également des poursuites contre toute personne dont la responsabilité serait démontrée, une enquête sur le rôle des forces de défense et de sécurité et l’établissement des circonstances précises du décès de Manassé Lomboto Bomengola.

La C64 demande enfin le démantèlement de la « Force du Progrès » et la prise en charge judiciaire des victimes recensées.

Le rapport constitue ainsi le bilan documenté par la coalition sur les événements du 15 septembre. Les chiffres et accusations avancés devront toutefois être confrontés aux données des autorités, aux témoignages des différentes parties et aux conclusions d’éventuelles enquêtes indépendantes.


RTD

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