L’Assemblée provinciale de Kinshasa a déclaré recevable, vendredi 16 octobre 2026, une proposition d’édit visant à réglementer les funérailles, les morgues et les cimetières dans la capitale congolaise. Le texte prévoit notamment une durée maximale de six jours de conservation des dépouilles dans les morgues et des peines pouvant atteindre cinq ans de prison pour certaines infractions funéraires.
Cette initiative est portée par le député provincial Steve Mulumba Kongolo, président de la Commission permanente de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Développement durable. Elle vise à réorganiser le secteur funéraire, à renforcer les normes sanitaires et à garantir le respect de la dignité des défunts.
Parmi les principales mesures envisagées figure la limitation à six jours du séjour des dépouilles dans les morgues. La proposition prévoit également une durée maximale de deux heures pour l’exposition des corps dans les funérariums agréés. L’exposition des dépouilles en dehors de ces établissements serait interdite, sauf autorisation préalable de l’Hôtel de Ville.
Le texte prévoit aussi que les enterrements soient organisés entre 9 heures et 16 heures, tous les jours de la semaine. Le transfert d’une dépouille vers une autre province ou à l’étranger nécessiterait l’autorisation du gouverneur de Kinshasa, tandis que toute exhumation devrait obtenir l’autorisation du procureur de la République.
Sur le plan environnemental, la proposition d’édit envisage l’interdiction des cercueils en verre, en bois noir, en aluminium ou fabriqués à partir de matériaux non biodégradables. Les fleurs artificielles et autres accessoires non biodégradables seraient également interdits dans les fosses et les caveaux.
Pour améliorer la gestion des cimetières, le texte prévoit la mise en place d’un système d’identification numérique des tombes, avec des coordonnées GPS et un registre des inhumations. Les exploitants des cimetières seraient, par ailleurs, soumis au paiement d’une redevance mensuelle dont le montant serait fixé par les autorités provinciales.
Jusqu’à 5 ans de prison pour certaines infractions
Les sanctions prévues par cette proposition d’édit constituent l’un des aspects les plus marquants du texte.
L’exhumation clandestine serait passible de cinq ans de prison et d’une amende de 2,5 millions de francs congolais. La construction non autorisée dans un cimetière pourrait entraîner trois ans de prison et une amende de 2,5 millions de francs congolais.
La dégradation d’une sépulture serait, quant à elle, sanctionnée de cinq ans de prison et d’une amende de trois millions de francs congolais.
Ces dispositions visent à renforcer la protection des lieux de sépulture et à lutter contre les pratiques jugées contraires aux règles de gestion des cimetières.
Des morgues surchargées et des cimetières saturés
Cette réforme intervient après une mission d’information de l’Assemblée provinciale de Kinshasa qui a relevé plusieurs dysfonctionnements dans les structures funéraires de la capitale.
Selon les constats rapportés, certaines morgues sont confrontées à une surcharge importante, avec des dépouilles conservées dans des conditions préoccupantes. Des corps seraient abandonnés pendant plusieurs années, certains réduits à l’état de squelettes, tandis que d’autres se trouveraient dans un état de décomposition avancée.
La mission a également relevé des défaillances dans les équipements frigorifiques et les incinérateurs, ainsi que la saturation de certains cimetières qui continuent néanmoins à recevoir des dépouilles.
Le rapport fait aussi état d’inhumations ne respectant pas toujours les normes sanitaires et de la présence de constructions ou d’habitations dans certaines zones funéraires.
Pour Steve Mulumba Kongolo, cette réforme doit permettre de moderniser la gestion du secteur funéraire, de protéger la santé publique et de garantir des conditions dignes de conservation et d’inhumation des dépouilles.
Déclarée recevable, la proposition d’édit doit encore être examinée et adoptée par l’Assemblée provinciale avant son éventuelle promulgation par le gouverneur de Kinshasa. Les mesures et les sanctions annoncées restent donc à ce stade des dispositions envisagées, et non des règles déjà entrées en vigueur.
RTD