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RDC : Félix Tshisekedi accuse Joseph Kabila de n’avoir « jamais aimé » le Congo

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Devant les parlementaires de l’Union sacrée, le président de la République a durci le ton contre son prédécesseur. Dans une allusion transparente à Joseph Kabila, Félix Tshisekedi a estimé que le fait de retourner les armes contre le peuple et le pays qu’il a dirigés pendant dix-huit ans prouvait qu’il n’avait « jamais aimé » le Congo.

Le chef de l’État s’exprimait ainsi au sujet de Joseph Kabila, qui a pris la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN) le 12 octobre 2026 à Goma, une coalition issue de l’AFC-M23. Pour Félix Tshisekedi, « retourner les canons » contre le Congo constitue une preuve de rejet du pays. Il s’agit de l’une des charges les plus directes du président congolais contre l’ancien chef de l’État depuis le ralliement de ce dernier à la rébellion.

Kabila à la tête d'une alliance politico-militaire née à Goma

La création du Front pour la refondation de la nation (FRN) a été annoncée le lundi 12 octobre 2026 à Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, lors d’une conférence de presse tenue à la résidence de Joseph Kabila. Cette nouvelle coalition politico-militaire, qui absorbe l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le Mouvement du 23 mars (M23), place l’ancien président à sa tête. Elle rassemble plusieurs figures de l’AFC-M23, dont Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en qualité de vice-présidents, et le général Sultani Makenga en qualité de chef d’état-major général.

Selon ses initiateurs, le FRN entend « fédérer et coordonner toutes les forces de résistance, afin de mettre un terme à la tyrannie, par tous les moyens, y compris la force ». La coalition affirme vouloir œuvrer à la « libération du pays » et fédérer les forces opposées au pouvoir de Kinshasa. Cette annonce intervient dans un contexte de conflit persistant dans l’Est de la RDC et de tensions croissantes entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi.

Un contexte politique et judiciaire déjà tendu

La naissance du FRN s’inscrit dans un climat politique incertain. Depuis plusieurs mois, la majorité présidentielle défend un projet de révision constitutionnelle qui alimente les spéculations sur une éventuelle candidature de Félix Tshisekedi à un troisième mandat, alors que la Constitution limite la présidence à deux mandats. L’opposition dénonce une « manœuvre politique » visant à permettre au chef de l’État de se maintenir au pouvoir.

Par ailleurs, Joseph Kabila a été condamné par contumace à la peine de mort par la Haute Cour militaire congolaise le 30 septembre 2025, pour « trahison » et « participation à un mouvement insurrectionnel », dans une affaire liée à ses liens présumés avec l’AFC-M23. La justice militaire avait alors jugé qu’il était l’un des initiateurs de l’Alliance Fleuve Congo, branche politique du M23 désormais absorbée par le FRN.

Cette sortie devant les parlementaires de sa famille politique marque une nouvelle étape dans la rupture entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, dont les relations se sont dégradées depuis plusieurs années.

La Rédaction

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