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Kwango : 12,9 milliards de FC décaissés, la ministre provinciale de l’Agriculture nie avoir reçu les fonds

Kwango

 

Près de 13 milliards de francs congolais décaissés par le Trésor public pour des activités agricoles dans la province du Kwango sont au centre d’une controverse financière. L’Agence pour la prévention et la lutte contre la corruption (APLC) cherche à établir la destination de ces fonds, tandis que la ministre provinciale de l’Agriculture affirme que son ministère n’a rien perçu.

Selon une note d’information de l’APLC datée du 20 octobre 2026, un montant de 12 955 022 527 francs congolais aurait été décaissé au profit du ministère provincial de l’Agriculture du Kwango. Ces ressources seraient logées dans plusieurs comptes bancaires, notamment auprès d’Equity, de Sofibanque et de First Bank DRC.

Les fonds étaient notamment destinés à l’acquisition d’équipements agro-sylvo-pastoraux ainsi qu’à la gestion, au suivi et à l’évaluation de la campagne agricole 2025-2026.

Pour clarifier cette situation, l’APLC a demandé à la ministre provinciale de présenter les pièces justificatives relatives aux paiements signalés. Mais dans sa réponse du 21 octobre, Josée Lulengwa conteste avoir reçu ces ressources.

La ministre affirme que son ministère « n’a jamais été notifié des opérations alléguées dans la note et ne dispose, à ce jour, d’aucun compte bancaire ouvert en son nom, susceptible de loger des fonds alloués par le Trésor public en faveur de la province ».

Elle insiste également sur le fait que son administration n’a reçu « aucune somme quelconque dans la période considérée, ni dans une autre en rapport avec les activités ciblées ».

Face à ces versions contradictoires, le gouvernement provincial plaide pour la poursuite des investigations afin d’identifier les véritables bénéficiaires des paiements concernés.

La société civile du Kwango réclame, elle aussi, des explications. Son cadre de concertation appelle à faire toute la lumière sur cette affaire, au nom de la transparence dans la gestion des ressources publiques.

Son vice-président, Symphorien Kwengo, exige des enquêtes approfondies pour « établir les faits, retracer le circuit financier des fonds concernés et déterminer les responsabilités éventuelles ».

« Si les investigations confirment des actes de détournement, de fraude ou toute autre irrégularité financière, nous demandons que les personnes impliquées répondent de leurs actes devant les instances compétentes », a-t-il déclaré.

L’enjeu est désormais de déterminer si les fonds ont effectivement été versés sur les comptes évoqués, qui les a reçus et à quoi ils ont servi. À ce stade, les déclarations de l’APLC et celles de la ministre provinciale divergent, et les investigations devront permettre d’établir les faits et d’éventuelles responsabilités.

RTD

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