La gestion de la Commission nationale de l’énergie, rattachée au ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, fait l’objet de graves dénonciations. Dans un témoignage transmis à notre rédaction, un informateur dénonce des licenciements qu’il juge injustifiés, des nominations présumées fondées sur des liens familiaux, des pratiques assimilées à du tribalisme ainsi que des recrutements dont la régularité est remise en question.
Ces accusations visent la secrétaire permanente de cette structure. À ce stade, les informations rapportées proviennent essentiellement de ce témoignage et n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante par notre rédaction. Elles appellent néanmoins des éclaircissements de la part des responsables concernés et des autorités de tutelle.
Selon l’informateur, plusieurs anciens agents et cadres auraient été écartés de leurs fonctions au profit de personnes présentées comme proches de la responsable. Il cite notamment les antennes de Kolwezi et de Lubumbashi, où des changements seraient intervenus à des postes de commandement.
À Kolwezi, le chef d’antenne aurait été révoqué et remplacé par un neveu de la responsable, tandis que d’autres membres de sa famille auraient obtenu des fonctions importantes. À Lubumbashi, un autre neveu aurait été placé à la tête de la représentation provinciale. Le dénonciateur estime que ces nominations soulèvent des interrogations sur les critères de sélection et la place accordée aux compétences professionnelles.
À Kinshasa, il affirme également que plusieurs agents auraient perdu leurs postes dans un climat qu’il décrit comme marqué par la peur et les sanctions contre les voix dissidentes. Ces allégations n’ont pas été corroborées par des documents administratifs indépendants.
Plus de 120 recrutements présumés au centre des préoccupations
L’informateur dénonce par ailleurs le recrutement présumé de plus de 120 nouveaux agents. Selon lui, ces engagements seraient intervenus alors que des restrictions concerneraient le recrutement de nouvelles unités dans l’administration publique.
Il affirme que les personnes recrutées pourraient bénéficier d’une prise en charge salariale dès ce mois d’octobre, alors qu’elles n’auraient pas encore commencé à travailler. Il soupçonne une intervention de certains acteurs des services budgétaires pour faciliter ces opérations.
Ces affirmations soulèvent des questions sur la régularité des engagements, l’existence des postes budgétaires nécessaires et le respect des procédures administratives. En l’absence de listes de recrutement, d’actes d’engagement ou de documents de paiement, notre rédaction n’est toutefois pas en mesure de confirmer ces faits ni d’établir une quelconque irrégularité.
Des agents dénoncent des licenciements et des pressions présumées
Dans son témoignage, le dénonciateur cite également plusieurs agents qui auraient perdu leur emploi, notamment Pierrot Kasangana, présenté comme affecté à Kolwezi, ainsi que Koseandeya et Bwanga, cités à Kinshasa. Un agent chargé de la surveillance serait également concerné.
L’informateur estime que certaines décisions auraient été motivées par des considérations tribales. Il évoque aussi le cas d’une agente nommée Célestine Mukala, qui aurait été contrainte de démissionner à la suite de propos qu’il qualifie de tribaux.
Ces accusations, particulièrement sensibles, nécessitent des vérifications et le recueil des témoignages des personnes concernées. Les circonstances exactes des départs évoqués et les motifs des décisions administratives restent à établir.
Le fonctionnement syndical est également mis en cause. Selon le même témoignage, les activités du syndicat auraient été interrompues, alors que des cotisations continueraient à être réclamées aux agents. Là encore, aucun document permettant de confirmer ces affirmations n’a été communiqué à notre rédaction.
La tutelle attendue sur ces accusations
Au regard de la gravité des faits rapportés, des éclaircissements sont attendus de la secrétaire permanente de la Commission nationale de l’énergie, ainsi que du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité et des services budgétaires concernés.
Notre rédaction n’a pas pu vérifier indépendamment les accusations formulées et ne dispose pas, à ce stade, de la version des responsables mis en cause. Leur réaction est nécessaire pour confronter les déclarations de l’informateur aux explications de l’administration.
Les actes de nomination et de révocation, les dossiers de recrutement ainsi que les documents relatifs à la prise en charge salariale pourraient contribuer à établir les faits.
Au-delà des accusations individuelles, cette affaire soulève la question de la transparence dans la gestion du personnel des structures publiques, du respect des droits des agents et de l’application des règles de recrutement au sein de l’administration congolaise.
La rédaction reste disposée à publier toute réaction ou tout élément vérifiable permettant d’éclairer l’opinion sur ce dossier.
RTD