Le Ministre des Finances de la République démocratique du Congo, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a officiellement lancé le lundi 7 septembre au Centre financier de Kinshasa les ateliers d’accompagnement technique et de préparation à la visite sur place des experts du Groupe d’action financière (GAFI). Cette initiative marque une étape cruciale dans le processus d’évaluation des efforts nationaux de lutte contre les flux financiers illicites.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, témoignant de l’implication de l’ensemble du gouvernement dans ce processus. Ces ateliers visent à outiller les entités assujetties, les autorités d’enquête et les instances de poursuite afin de démontrer sur le terrain l’effectivité des réformes engagées par la RDC dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT).

Dans son allocution, le Ministre des Finances a souligné le rôle déterminant du secteur privé, en particulier des banques, des institutions financières non bancaires et des professions non financières désignées, dans la prévention et la détection des circuits financiers opaques. Il les a exhortées à renforcer leurs mécanismes de contrôle interne, à identifier les bénéficiaires effectifs et à déclarer sans délai les opérations suspectes à la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF).
« Une chose est d’implémenter des réformes, une autre est de s’assurer de leur pérennisation », a martelé Doudou Fwamba, rappelant que la prochaine mission du GAFI évaluera non seulement la conformité du cadre légal, mais surtout l’efficacité opérationnelle du dispositif national. Les experts internationaux scruteront notamment la compréhension des risques, les enquêtes financières, les poursuites judiciaires, ainsi que la saisie et la confiscation des avoirs criminels.

Le Ministre a salué les avancées significatives accomplies par la RDC sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi, saluées par le GAFI lors de sa session plénière de juin 2024 à Paris. À cette occasion, l’instance avait constaté que les 23 actions assignées au pays avaient été largement mises en œuvre.
Cependant, le chef des Finances a insisté sur la nécessité de documenter ces progrès par des données fiables et des cas concrets. Il a appelé à une coordination interministérielle renforcée et à une circulation fluide de l’information pour présenter des éléments de preuve crédibles face aux experts.
Un enjeu de crédibilité et d’attractivité économique
La réussite de cette évaluation est perçue comme un levier stratégique pour renforcer la crédibilité de la gouvernance financière de la RDC et restaurer la confiance des partenaires internationaux. Elle constitue une étape déterminante vers la sortie du processus de surveillance renforcée du GAFI, communément appelée « liste grise ».
À ce titre, le Ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes et à doter le pays d’un dispositif durable et efficace, conforme aux standards internationaux. Avec l’appui des partenaires techniques et du Secrétariat technique national, ces ateliers doivent permettre d’harmoniser la préparation des institutions et de consolider les preuves des résultats obtenus, afin de tourner définitivement la page de la surveillance accrue.
La Rédaction
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