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RDC : Judith Suminwa engage une stratégie décennale contre les érosions

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Dix ans pour passer des interventions d’urgence à une réponse structurelle contre les érosions. C’est l’horizon que le Gouvernement congolais veut désormais se donner pour s’attaquer durablement à un phénomène qui gagne plusieurs villes du pays et menace aussi bien les habitations que les infrastructures.

Cette nouvelle orientation a été au cœur d’une réunion stratégique présidée, lundi 31 août à Kinshasa, par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. La rencontre a réuni notamment les vice-Premiers ministres de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que les ministres des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, et des Finances, Doudou Fwamba.

L’Exécutif veut ainsi sortir d’une logique consistant à intervenir uniquement lorsque les têtes d’érosion deviennent menaçantes. L’objectif affiché est de mettre progressivement en place une politique nationale capable de prévenir le phénomène, d’en limiter les conséquences et de mieux organiser l’occupation des espaces urbains.

Trois étapes pour une réponse durable

À l’issue de la réunion, John Banza a détaillé les grandes lignes de cette stratégie qui s’articule autour de trois échéances.

La première, prévue sur une période allant de zéro à un an, donnera la priorité aux situations les plus urgentes. Les travaux déjà identifiés devront être engagés sur les sites où les risques sont les plus importants pour les populations et les infrastructures.

Entre un et cinq ans, le Gouvernement compte renforcer les études techniques et travailler à l’élaboration ou à l’actualisation des plans directeurs de plusieurs grandes villes du pays.

La troisième étape, qui s’étendra jusqu’à dix ans, doit permettre d’installer des solutions durables. Il sera notamment question d’améliorer la planification urbaine et de revoir progressivement les modes d’occupation des espaces afin de s’attaquer aux causes profondes des érosions.

« Nous avons un schéma très clair maintenant et nous allons le mettre en œuvre », a assuré John Banza.

Une coordination renforcée au sommet de l’État

Cette nouvelle approche intervient alors que la saison des pluies se profile et que les fortes précipitations font régulièrement peser des risques supplémentaires sur les zones déjà fragilisées.

Pour le ministre des Infrastructures et Travaux publics, la lutte contre les érosions exige toutefois une méthode particulière. Une fois lancés, les travaux doivent être menés jusqu’à leur terme afin d’éviter que les ouvrages partiellement réalisés ne soient à nouveau fragilisés par les eaux.

« La question de la lutte anti-érosive est complexe. Effectivement, le Gouvernement a mobilisé des montants, des moyens importants », a-t-il déclaré.

John Banza insiste également sur l’implication directe de la Première ministre dans le suivi de ce dossier.

« Comme Son Excellence Madame la Première Ministre pilote en personne ces travaux, je crois que nous allons arriver à trouver la meilleure approche possible pour protéger notre population », a-t-il indiqué.

Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement des orientations arrêtées au Conseil des ministres sous la conduite du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Un phénomène qui ne s’arrête pas à Kinshasa

Si la capitale concentre une partie importante des préoccupations, le problème est loin d’être exclusivement kinois. Plusieurs villes et provinces sont confrontées à des têtes d’érosion qui menacent les habitations, les voies de circulation et les équipements publics.

Kikwit fait notamment partie des agglomérations évoquées par John Banza. D’autres villes et cités nécessitent également des interventions, certaines ayant déjà bénéficié de travaux tandis que d’autres restent confrontées à des besoins importants.

Cette réalité pousse le Gouvernement à privilégier une réponse adaptée aux caractéristiques de chaque site, mais inscrite dans un cadre national commun.

Bolikango : un collecteur de 6 kilomètres en chantier

À Kinshasa, certaines interventions sont déjà engagées. C’est notamment le cas dans la zone de l’érosion Bolikango, dans la commune de Ngaliema, où un important ouvrage de drainage est en construction.

Sur instruction de Judith Suminwa Tuluka, une délégation de la Primature conduite par Gérard Ntumba, directeur de cabinet adjoint, a récemment inspecté l’évolution de ce chantier.

Le projet prévoit la construction d’un collecteur de six kilomètres destiné à canaliser les eaux depuis la zone de l’érosion Bolikango jusqu’à la baie de Ngaliema, avant leur déversement dans le fleuve Congo.

Entièrement financé par le Gouvernement central, l’ouvrage est exécuté par l’Entreprise Aaron Sefu (EAS), pour une durée contractuelle de quatre ans.

À travers ce dispositif, l’Exécutif veut donc inscrire la lutte contre les érosions dans une vision qui combine réponse immédiate et anticipation. Derrière les ouvrages à construire, l’enjeu reste avant tout la protection des populations, des habitations et des infrastructures, mais aussi la préservation de la mobilité et la réduction des pertes économiques provoquées par les catastrophes liées aux pluies.

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